Y a t'il un gouvernement pour sauver l'économie américaine ?
La crise financière américaine, amorcée en 2006 par le crash des prêts hypothécaires à risques (sub-primes), bat son plein depuis sa mondialisation en été 2007. Les banques françaises ont par ailleurs affiché de flagrantes pertes : 1,2 milliards d'euros pour la BNP Paribas, 2,5 milliards pour le Crédit Agricole et 2,9 milliards pour la Société Générale. Mais les banques françaises ont eu, jusqu'à aujourd'hui, les reins assez solides pour supporter de telles pertes.
Alors que le gouvernement Bush avait annoncé des solutions (réunies dans une enveloppe de $300 milliards) afin de secourir les deux géants du refinancement immobiliers, Fannie Mae et Freddie Mac, dix établissements bancaires ont été fermés au cours des dix-huit derniers mois. Récemment, la First National Bank of Nevada ainsi que sa filiale californienne, la First Heritage Bank ont été fermées par l'OCC (Office of the Comptroller of the Currency). La FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) a assuré aux clients qu'ils récupèreront tout leur argent, sauvegardé par le rachat de ces banques par la Mutual of Omaha Bank, et qu'aucun cent ne serait perdu mais seul le nom de la banque changerait. Il y a deux semaines, la fermeture d'IndyMac Bank représentait la deuxième plus importante faillite de l'histoire bancaire américaine. Des centaines de clients avaient investi les rues de Pasadena en Californie afin de récupérer tout leur argent.
IndyMac Bank qui affichait un actif de $32 milliards a été placée sous contrôle fédéral dont les ressources permettent de rembourser les clients qui subissent, impuissants, cette crise dont la précédante avait abouti au plus grand crash de l'histoire boursière et financière (1929). Aujourd'hui, nombre d'investisseurs estiment que le gouvernement américain ne parviendra pas à freiner l'augmentation des créances devenues irrécouvrables, du fait de l'affaiblissement du marché de l'immobilier résidentiel et du ralentissement économique. La FDIC tente de rassurer les citoyens américains en indiquant que cette crise ne devrait pas aboutir à des faillites en chaîne. Les analystes s'attendent à voir 50 à 150 institutions bancaires mettre la clé sous la porte dans les douze à dix-huit mois qui viennent. Au premier trimestre 2008, la FDIC avait publié une liste de 90 banques en difficulté. IndyMac Bank n'y figurait pas… L'augmentation du prix du pétrole, la diminution du pouvoir d'achat américain (malgré l'aide de $600 envoyée aux contribuables américains) et la chute de l'immobilier sur la Terre de l'Oncle Sam ne semblent donc pas être en mesure de prédire un avenir favorable aux institutions bancaires. Le pays où le bonheur est dans le prêt traverse péniblement une récession dont le retentissement est encore à prévoir dans le monde entier. Les Américains, quant à eux, attendent maintenant avec impatience l'élection présidentielle... (Photo : AP)
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