L'aile ou la cuisse... Euh... The wing or the leg ?...
Mercredi dernier, la Commission Européenne, soucieuse de renforcer les liens commerciaux transatlantiques, a proposé d'autoriser l'importation de poulets provenant des Etats-Unis. A priori, rien d'inquiétant, Princess et Nam en mangent plusieurs fois par semaine et vous assurent qu'il a le goût de poulet ! Seulement voilà, si les volailles américaines sont bannies du territoire européen depuis onze ans, c'est que leur viande est traitée de manière assez... drastique ! En effet, sur la terre de l'Oncle Sam, les carcasses sont tout simplement débarassées de leurs bactéries, et notamment des salmonelles, par un bain désinfectant contenant un mélange de dioxyde de chlore, chlorure de sodium acidifié, phosphate trisodique et acides peroxydés, en résumé, ni plus ni moins que de l'eau de javel !...En réalité, il est difficile de vivre aux Etats-Unis sans consommer du chlore ou ses dérivés : l'eau du robinet en contient en moyenne 4mg/L et, même si Princess et Nam sont restés à l'eau minérale, ils en consomment dès qu'ils se brossent les dents, cuisent des pâtes ou sortent au restaurant où les glaçons accompagnent systématiquement le soda. Les légumes que l'on achète, même sur les marchés, sont également prénettoyés à l'eau chlorée. En Amérique du Nord, 12 millions de tonnes de chlore sont produites chaque année ! De quoi avoir le tube digestif tout propre ! Mais les risques pour la santé sont encore controversés...
Quoiqu'il en soit, si les Américains acceptent, bon gré mal gré, de manger de la viande javellisée, les consommateurs européens ne l'entendent pas de cette oreille. Parmi les 27 ministres de l'agriculture européens, 21 se sont montrés contre cette proposition, Michel Barnier, en tête (Cocoricooo !). Les parlementaires devraient voter autour du 28 septembre prochain, mais les membres de Green Peace craignent un passage en force de la part de la Commission qui peut choisir de faire les yeux doux à Washington et d'exercer son pouvoir éxécutif sans avoir recours au Parlement. Dans ce cas, seule une opposition de la majorité qualifiée des membres de l'Union permettrait l'annulation de cette décision.
Parmi les contestataires, les éleveurs européens sont, bien sûr, parmi les plus concernés. Actuellement soumis à des règles sanitaires très strictes tout au long de la chaîne d'élevage, ils craignent que la méthode américaine, moins coûteuse, supplente leur savoir-faire. Ainsi, selon l'industrie avicole, 300 000 tonnes de poulet chloré seraient prêtes à être exportées dans l'Union Européenne.
Mais rassurez-vous, si cette mesure commerciale est acceptée, les volailles américaines seront signalées par un "étiquetage adapté". Ainsi, le consommateur pourra acheter sa volaille en toute connaissance de cause...
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