Des animaux clonés dans nos assiettes ?…

Publié le par Princess et Nam

Ce jeudi 24 juillet, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA, agence européenne indépendante financée par le budget communautaire et constituée d’experts hautement qualifiés dans le domaine de l’évaluation scientifique des risques) a publié, après plusieurs années d’investigation à la demande de la Commission Européenne, un rapport scientifique concernant la consommation de produits issus d’animaux clonés. Parmi les conclusions clés, ce rapport indique que la technique la plus commune de clonage (transfert d’un noyau d’une cellule somatique dans un ovocyte énucléé) permet l’obtention de bovins et de porcins en bonne santé, les caractéristiques physiologiques des clones et de leur progéniture étant similaires à leurs congénères naturels. Aujourd’hui, aucune donnée scientifique ne permet d’affirmer qu’il existe un risque en terme de sécurité alimentaire concernant la consommation de lait et de viande issus d’animaux clonés en bonne santé ou de leur progéniture. Toutefois, le rapport indique également que le nombre d’études scientifiques uniformément menées reste limité et ne concerne que les bovins et les porcins. D’autre part, une proportion non négligeable d’animaux (40%) issus du clonage présente une santé et un bien-être sévèrement altéré, conduisant à la mort de l’animal. Le professeur Vittorio Silano, président du comité scientifique de l’EFSA émet donc de sérieuses réserves et a indiqué que « l’EFSA ne peut pas toujours apporter de réponse simples lorsque la science et les nouvelles technologies ne permettent pas un recul suffisant. ». Les recommandations de l’EFSA sont donc dans un premier temps d’étudier plus avant le pouvoir immunitaire des clones et de leur progéniture, leur susceptibilité aux infections courantes et leur comportement dans les conditions d’élevage conventionnels. D’autre part, la santé et le bien-être des clones devront être mesurés pendant toute la durée de l’élevage et l’évaluation du risque devra être effectuée sur les autres espèces d’animaux issus du clonage (ovins et volailles, notamment), ce qui prendra du temps ! Avant de prendre une position définitive sur le clonage, Bruxelles attendra les résultats à l'automne d'un sondage auprès des citoyens de l'Union Européenne, traditionnellement très sceptiques sur ce type de sujet… Il semble donc que les Européens ne soient pas prêts à trouver dans leur assiette les congénères de Dolly !

Au contraire, la US Food and Drug Administration a émis un rapport sans réserve en janvier indiquant que la viande et le lait issus des clones de bovins, porcins, ovins ainsi que de leur progéniture ne présentaient pas plus de risque alimentaire que la viande et le lait des animaux nés de manière tout à fait naturelle et conventionnelle. On peut lire sur le site de la Biotechnology industry organization l’apologie du clonage et une véritable volonté de démystification, aboutissant ni plus ni moins à de la dissimulation d’informations… Résultat : d’ici trois à cinq ans, les citoyens américains consommeront à coup sûr la viande et le lait issus de la progéniture d’animaux clonés, sans en être informés puisque l’étiquetage a été jugé inutile, étant donné l’absence de risque certifié par la FDA.

Le clonage est une avancée scientifique majeure et prometteuse, dont les applications « saines » pourraient être nombreuses en termes de thérapie. Toutefois, sachant que seulement 20% des tentatives de clonage reproductif débouchent effectivement sur des naissances, l’intérêt économique à court terme du clonage dans l’élevage reste assez obscure… Pourquoi donc ne pas laisser faire la nature ? (Photos :Photo researchers, Inc et INRA)

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Publié dans Food Actually!

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